Que faire au jardin en septembre ? Le calendrier professionnel des travaux, plantations et diagnostics après l’été
📅 Publié le 13.09.26
✏️ Mis à jour le 13.09.26
👤 Par Thomas | Pleine-Terre
⏱️ Temps de lecture : 8 à 10 min
🌿 Guide professionnel
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Septembre n’est pas simplement le mois où l’on recommence à jardiner après les vacances. C’est le mois où l’on doit diagnostiquer ce que l’été a réellement fait au jardin.
Après plusieurs semaines de chaleur, de sécheresse, de tontes espacées, d’arrosages parfois insuffisants et de sols qui ont pu se dessécher en profondeur, les symptômes deviennent visibles : pelouse jaunie, arbustes qui ont perdu des feuilles, branches sèches, massifs clairsemés, sol compacté ou fissuré, mauvaises herbes qui profitent des premières pluies.
À l’inverse, septembre offre souvent une fenêtre exceptionnelle pour intervenir : le sol reste encore relativement chaud tandis que les températures diminuent et que l’évaporation ralentit.
C’est donc le moment de réparer, planter, regarnir, pailler, préparer le sol et surtout ne pas commettre l’erreur de traiter les symptômes sans rechercher leur cause.
Tableau récapitulatif : les principales données techniques à retenir en septembre
| Intervention | Donnée technique / ordre de grandeur |
|---|---|
| Période privilégiée pour les plantations | septembre à novembre selon climat et végétal |
| Profondeur de contrôle de l’humidité du sol | 20 à 30 cm minimum |
| Paillage organique courant | 5 à 10 cm |
| Paillage type chantier paysager | souvent 7 cm ou plus selon matériau et prescription |
| Distance minimale du paillage par rapport au collet | quelques centimètres, jamais contre le tronc |
| Arrosage d’un jeune arbre après plantation | souvent 40 à 80 L selon calibre et sol |
| Plombage d’un arbre sur certains chantiers professionnels | jusqu’à 150 L/sujet selon prescription |
| Profondeur de préparation d’un massif de vivaces | environ 20 à 30 cm |
| Préparation d’une plantation d’arbuste | environ 40 à 50 cm |
| Préparation d’une plantation d’arbre | environ 60 à 80 cm, à adapter au sol |
| Regarnissage du gazon | généralement favorable de fin août à octobre |
| Terre fine sur semences de gazon | environ 2 à 5 mm |
| Hauteur de tonte après sécheresse | souvent 6 à 8 cm, voire davantage selon situation |
| Épaisseur de compost en surface | environ 1 à 3 cm selon usage |
| Espacement courant d’une haie d’arbustes | environ 60 à 100 cm selon espèces et calibre |
| Profondeur d’un semis | généralement quelques millimètres à 1–2 cm selon espèce |
| Temps de contrôle d’un système d’arrosage | 15 à 30 min permettent déjà de détecter de nombreux défauts |
| Période de plantation des bulbes de printemps | septembre à novembre selon espèces |
| Fréquence d’observation du jeune arbre après plantation | 1 contrôle hebdomadaire en période sèche |
| Distance de sécurité autour du tronc lors du paillage | conserver un collet dégagé |
Attention : ces valeurs sont des ordres de grandeur professionnels. Elles doivent être adaptées à l’espèce, au calibre du végétal, à la texture du sol, au climat, à l’exposition et à la réglementation locale concernant l’eau.
Plan de l’article
1. Faire le bilan de l’été : le diagnostic avant les travaux
Identifier les dégâts réels, contrôler le sol, l’eau, la pelouse et les végétaux avant d’intervenir.
2. Planter et préparer les végétaux : pourquoi septembre est une période stratégique
Arbres, arbustes, vivaces, bulbes, haies et végétaux adaptés au contexte du jardin.
3. Réparer la pelouse, le sol et les massifs : les travaux qui conditionnent le printemps prochain
Regarnissage, décompactage, paillage, compost, engrais verts et gestion des adventices.
4. Organiser le jardin avant l’automne : taille, eau, déchets verts et préparation des prochaines saisons
Les opérations à effectuer maintenant et celles qu’il vaut mieux reporter.
1. Faire le bilan de l’été : en septembre, on diagnostique avant d’agir
L’une des premières erreurs observées chez les particuliers consiste à considérer septembre comme un mois où il faut simplement « nettoyer le jardin ».
Sur un chantier paysager, le raisonnement est différent.
Avant de sortir le sécateur, le scarificateur ou le sac d’engrais, le professionnel commence par observer.
Un arbuste qui jaunit n’a pas nécessairement besoin d’engrais.
Une pelouse qui brunit n’est pas nécessairement morte.
Une branche sèche ne signifie pas forcément que l’arbre entier dépérit.
Et un sol humide en surface après une pluie ne signifie pas que les racines disposent réellement d’eau à 20 ou 30 cm de profondeur.
Le premier diagnostic à réaliser : le sol
Prenez une bêche et réalisez plusieurs observations à différents endroits du jardin.
À environ 20 à 30 cm de profondeur, recherchez :
- une terre extrêmement sèche ;
- une terre compacte qui forme des blocs ;
- une odeur de sol asphyxié ;
- des racines très superficielles ;
- une infiltration très lente de l’eau ;
- au contraire, une terre sableuse qui ne retient pratiquement pas l’humidité.
Cette observation est beaucoup plus intéressante qu’un simple test réalisé avec le doigt à la surface.
Retour terrain : sur les jardins ayant subi un été très sec, nous rencontrons fréquemment des sols qui paraissent humides après une pluie de septembre mais restent secs sous les premiers centimètres. Une croûte superficielle peut donner une fausse impression de réhydratation.
C’est précisément pour cette raison qu’il faut raisonner en profil de sol, et pas uniquement en surface.
Pour approfondir cette question, n’hésitez pas à consulter notre article consacré à la pluie, la pluviométrie, le sol et les besoins en eau du jardin, qui explique comment plusieurs dizaines de millimètres de pluie peuvent produire des effets très différents selon la structure du sol.
Deuxième diagnostic : distinguer stress estival et dépérissement
Après une sécheresse, certains végétaux ralentissent fortement leur activité.
Ils peuvent :
- perdre une partie de leur feuillage ;
- jaunir ;
- arrêter temporairement leur croissance ;
- produire des feuilles plus petites ;
- présenter des extrémités de rameaux desséchées.
Cela ne signifie pas automatiquement qu’ils sont condamnés.
L’erreur fréquente consiste à tailler immédiatement tout ce qui paraît sec.
Pour un arbre ou un arbuste, il est préférable d’observer la présence de bourgeons vivants, de rameaux souples et, si nécessaire, de vérifier progressivement la vitalité des tissus avant une coupe importante.
INRAE rappelle notamment que les végétaux disposent de mécanismes complexes de réponse au déficit hydrique et que la sécheresse peut perturber le transport de l’eau dans le xylème.
Troisième diagnostic : contrôler l’eau réellement distribuée
En septembre, vérifiez votre système d’arrosage.
Placez plusieurs récipients identiques sous les asperseurs ou goutteurs et comparez les volumes recueillis.
Vous découvrirez parfois :
- une zone recevant 10 mm ;
- une autre seulement 3 mm ;
- un goutteur bouché ;
- une portée insuffisante ;
- une fuite ;
- une zone entièrement sèche derrière un arbuste.
Un réseau d’arrosage qui fonctionne n’est pas nécessairement un réseau qui arrose correctement.
C’est un contrôle très courant sur les chantiers professionnels et pourtant rarement réalisé par les particuliers.
Erreur fréquente
Arroser davantage lorsque les plantes souffrent sans vérifier d’abord où va réellement l’eau.
2. Planter en septembre : profiter d’une fenêtre favorable, mais préparer correctement le sol
Septembre marque généralement le début d’une période intéressante pour les plantations.
Le sol a conservé une partie de la chaleur estivale alors que les températures de l’air diminuent.
Les végétaux nouvellement plantés peuvent ainsi consacrer une partie importante de leur énergie à l’installation racinaire avant les chaleurs du printemps suivant.
Mais attention : planter en septembre ne garantit pas automatiquement une bonne reprise.
La préparation du sol reste déterminante.
Que peut-on planter en septembre ?
Selon les régions et les conditions météorologiques, on peut notamment envisager :
- arbres et arbustes vendus en conteneur ;
- haies ;
- vivaces ;
- certains fruitiers ;
- fraisiers ;
- plantes bisannuelles ;
- bulbes à floraison printanière ;
- certains végétaux persistants ;
- végétaux adaptés aux conditions locales.
Les plantations à racines nues suivent généralement un calendrier plus tardif, une fois la végétation entrée en repos.
Le piège du « trou de plantation »
C’est probablement l’une des erreurs techniques les plus fréquentes.
Le particulier creuse souvent un trou à peine plus grand que le pot.
Le végétal est installé.
On rebouche.
On arrose.
Et l’on considère que le travail est terminé.
Sur un chantier paysager, on raisonne davantage en volume de sol exploitable.
Pour une vivace, une préparation de 20 à 30 cm peut être pertinente.
Pour un arbuste, on peut travailler autour de 40 à 50 cm, selon le contexte.
Pour un arbre, la préparation et le diagnostic peuvent concerner 60 à 80 cm ou davantage, mais surtout la continuité du sol autour de la future motte.
Le problème n’est pas seulement la profondeur du trou.
C’est la présence éventuelle d’une semelle de compactage, c’est-à-dire une couche de sol très dense qui empêche les racines et l’eau de circuler correctement.
Conseil professionnel rarement expliqué
Ne préparez pas uniquement le trou.
Contrôlez ce qui se passe sous le trou et autour de celui-ci.
Un trou de plantation parfaitement préparé dans une terre très compactée peut simplement devenir une cuvette où l’eau stagne.
Cela est particulièrement problématique pour les espèces sensibles à l’excès d’eau.
Plantation : la motte doit rester stable
Après mise en place :
- positionnez le végétal à la bonne hauteur ;
- contrôlez le niveau du collet ;
- rebouchez progressivement ;
- tassez modérément ;
- formez une cuvette d’arrosage si nécessaire ;
- réalisez un arrosage copieux ;
- installez le paillage ;
- contrôlez régulièrement l’humidité.
Le collet correspond à la zone de transition entre les racines et la partie aérienne.
Il ne doit pas être enterré profondément.
Arrosage : privilégier le volume plutôt que les petits apports
Pour un jeune arbre récemment planté, un apport ponctuel de 40 à 80 litres peut être plus efficace qu’une succession de petits arrosages superficiels, à condition que le sol soit capable d’infiltrer et de stocker cette eau.
Sur certains chantiers professionnels, des volumes de 100 à 150 litres par arbre peuvent être utilisés au moment du plombage ou de l’installation, selon le calibre et les prescriptions du chantier.
L’objectif n’est pas de donner systématiquement 150 litres à chaque arbre.
L’objectif est de faire descendre l’eau dans le volume de sol utile.
Et les bulbes de printemps ?
Septembre est également le début d’une période importante pour préparer les floraisons du printemps :
- crocus ;
- narcisses ;
- muscaris ;
- alliums ;
- certaines tulipes ;
- jacinthes.
La profondeur dépend du bulbe.
Une règle pratique consiste à viser environ 2 à 3 fois la hauteur du bulbe, tout en suivant les recommandations propres à l’espèce.
Erreur fréquente
Planter les bulbes tous à la même profondeur sans tenir compte de leur calibre.
3. Pelouse, sol et massifs : septembre est le mois où l’on prépare le printemps
Après un été difficile, la pelouse est souvent le premier élément du jardin que le propriétaire souhaite « réparer ».
Mais là encore, le diagnostic doit précéder le traitement.
Une pelouse jaune est-elle morte ?
Pas forcément.
Une graminée peut entrer en dormance temporaire sous l’effet du stress hydrique.
Avant de refaire complètement le gazon, vérifiez :
- la présence de racines ;
- la densité des touffes ;
- l’humidité du sol ;
- le niveau de compactage ;
- la présence de feutre ;
- la proportion réelle de zones mortes.
Notre guide professionnel consacré à la récupération d’une pelouse jaunie détaille justement cette méthode de diagnostic.
Septembre : une bonne période pour le regarnissage
La période allant généralement de fin août à octobre peut offrir de bonnes conditions pour regarnir une pelouse :
- températures moins extrêmes ;
- sol encore chaud ;
- nuits plus fraîches ;
- humidité plus régulière ;
- croissance favorable des graminées.
Mais une graine de gazon ne doit pas être enterrée profondément.
Elle doit bénéficier d’un excellent contact graine-sol.
Après le semis, une très fine couche de terreau ou de terre fine de 2 à 5 mm peut être utilisée.
Méthode professionnelle de regarnissage
- tondre ;
- retirer les déchets ;
- scarifier ou défeutrer si nécessaire ;
- décompacter si le sol est réellement tassé ;
- répartir les semences ;
- les mettre en contact avec le sol ;
- apporter éventuellement 2 à 5 mm de terre fine ;
- maintenir une humidité régulière ;
- limiter le piétinement ;
- attendre une implantation suffisante avant une tonte normale.
Erreur très fréquente
Acheter des semences dès qu’une pelouse jaunit.
Si le sol est compacté, sec ou pauvre, les semences ne régleront pas le problème.
Le bon ordre est :
diagnostic → préparation du sol → semis → maintien de l’humidité.
Ne laissez pas le sol nu après les travaux
Après une saison de culture, beaucoup de particuliers retournent complètement leur potager et laissent la terre nue jusqu’au printemps.
C’est rarement la meilleure stratégie.
Un sol couvert est moins exposé :
- à l’érosion ;
- au ruissellement ;
- à la battance ;
- aux variations brutales de température ;
- au lessivage.
INRAE recommande notamment de maintenir les sols couverts, par une végétation vivante ou par des résidus organiques, afin de préserver leurs fonctions.
Les engrais verts : un investissement pour le printemps
Sur les surfaces disponibles, septembre peut être une excellente période pour installer un couvert végétal.
Selon le contexte, on peut utiliser notamment :
- phacélie ;
- trèfle ;
- seigle ;
- féverole ;
- moutarde, avec les précautions adaptées à la rotation des cultures.
L’objectif n’est pas simplement « d’ajouter de l’engrais ».
Un engrais vert est une plante cultivée temporairement pour couvrir et travailler biologiquement le sol.
Certaines espèces explorent différentes profondeurs grâce à leur système racinaire.
Elles permettent ainsi de maintenir une activité végétale sur une parcelle qui serait autrement laissée nue.
Le paillage : septembre est un excellent moment pour le remettre à niveau
L’ADEME recommande le paillage pour réduire l’évaporation, limiter le désherbage et valoriser les déchets verts.
Dans les pratiques paysagères, une épaisseur de l’ordre de 5 à 10 cm est courante selon le matériau.
Le Fascicule 35 du CCTG relatif aux aménagements paysagers traite également des matériaux de paillage et des modalités de mise en œuvre ; certaines prescriptions de chantier retiennent notamment une épaisseur de 7 cm pour un mulch.
Mais attention au geste le plus souvent mal réalisé :
le paillage ne doit pas être accumulé contre le tronc.
Laissez le collet et la base du tronc dégagés.
Pourquoi ?
Un paillage constamment humide contre le tronc peut créer des conditions favorables aux problèmes sanitaires et masquer progressivement le collet.
Pour approfondir ce sujet, consultez également notre article consacré aux feuilles mortes et à leur valorisation au jardin.
Erreur fréquente
Mettre 15 à 20 cm de paillage partout en pensant que « plus il y en a, mieux c’est ».
Un paillage excessif peut retenir trop d’humidité, favoriser certains ravageurs et perturber les échanges gazeux.
4. Organiser le jardin avant l’automne : tailles, eau, déchets verts et travaux à programmer
Septembre est également un mois de transition.
Certaines interventions peuvent être réalisées maintenant.
D’autres doivent être repoussées.
Et cette distinction est importante.
Ne taillez pas tout simplement parce que nous sommes en septembre
Il n’existe pas une « taille de septembre » applicable à toutes les plantes.
La période de taille dépend :
- de l’espèce ;
- de son mode de floraison ;
- de son âge ;
- de son état sanitaire ;
- de la météo ;
- de l’objectif recherché.
On peut par exemple effectuer certaines tailles d’entretien ou de formation légère, supprimer du bois mort ou intervenir sur certaines haies.
Mais une taille sévère réalisée au mauvais moment peut provoquer une réaction végétative indésirable ou fragiliser un végétal déjà marqué par la sécheresse.
Notre article consacré aux branches sèches après canicule explique justement comment distinguer une branche réellement morte d’un rameau encore vivant mais temporairement dépérissant.
Une règle professionnelle simple : ne jamais tailler un végétal uniquement parce qu’il « fait désordre »
Sur chantier, la question posée est plutôt :
Pourquoi cette branche est-elle là et quelle fonction remplit-elle ?
Une branche peut être :
- morte ;
- malade ;
- en concurrence ;
- mal orientée ;
- dangereuse ;
- simplement esthétique.
Ces situations ne nécessitent pas toutes la même intervention.
Septembre est également le bon moment pour gérer les déchets verts
Les tontes, tailles, feuilles et petits rameaux peuvent devenir des ressources.
Selon leur nature, ils peuvent être :
- broyés ;
- compostés ;
- utilisés en paillage ;
- laissés sur place lorsqu’ils sont suffisamment fins ;
- évacués lorsqu’ils sont malades ou inadaptés.
L’ADEME recommande notamment de valoriser les déchets verts sur place lorsque cela est possible.
Une règle pratique
Plus le matériau est fin, plus sa décomposition est rapide.
Une tonte très fine peut être laissée sur la pelouse dans certaines conditions.
À l’inverse, une branche de plusieurs centimètres de diamètre doit être broyée avant d’être utilisée comme ressource organique.
Surveillez les premières pluies
Après un été sec, les premières pluies peuvent donner l’impression que le problème de l’eau est terminé.
C’est une erreur.
Une pluie intense peut :
- ruisseler ;
- créer une croûte de battance ;
- remplir rapidement les premiers centimètres ;
- contourner une zone compactée ;
- s’infiltrer très lentement dans un sol argileux.
Notre guide consacré à la pluie, la pluviométrie et les besoins en eau du jardin permet de mieux comprendre ces phénomènes.
Le test professionnel simple
Après une pluie importante, observez votre terrain.
Demandez-vous :
où l’eau entre-t-elle dans le sol ?
Puis :
où ressort-elle ?
Enfin :
quelles zones restent humides plusieurs jours ?
Cette observation permet parfois de détecter en quelques minutes un problème de pente, de compactage ou de drainage qui serait beaucoup plus coûteux à corriger après plantation.
Attention aux restrictions d’eau
Septembre ne signifie pas automatiquement « fin des restrictions ».
Les règles dépendent du niveau de sécheresse fixé dans votre département.
Les niveaux réglementaires peuvent imposer des restrictions différentes sur l’arrosage des pelouses, massifs, espaces verts, potagers et jeunes plantations.
Avant d’arroser massivement, consultez donc les restrictions locales en vigueur.
En France, le dispositif gouvernemental VigiEau permet de vérifier la situation de son territoire.
L'avis du professionnel :
Sur les chantiers paysagers, septembre est rarement consacré uniquement à « faire joli ».
C’est surtout un mois où l’on corrige les conséquences de l’été et où l’on prépare les conditions de réussite de l’année suivante.
Les erreurs que nous rencontrons le plus souvent sont finalement assez répétitives :
1. Replanter sans rechercher la cause de la mortalité
Une plante morte dans une zone mal drainée sera souvent remplacée… par une deuxième plante qui mourra au même endroit.
La première dépense doit parfois être un diagnostic, pas un végétal.
2. Arroser tous les jours avec de petites quantités
Cela humidifie principalement la couche superficielle.
Pour les plantations récentes, il est souvent préférable de réaliser des arrosages plus espacés mais suffisamment importants pour humidifier le volume de sol réellement exploré par les racines, en tenant compte du type de terre.
3. Pailler trop épais
Un paillage professionnel n’est pas simplement une grosse couche de matériau.
Il doit avoir :
- une épaisseur maîtrisée ;
- une bonne répartition ;
- un collet dégagé ;
- un matériau adapté ;
- un sol préparé.
4. Scarifier automatiquement la pelouse
Une scarification agressive sur un gazon déjà fortement stressé peut aggraver la situation.
On ne scarifie pas parce que le calendrier le dit. On scarifie lorsqu’un diagnostic montre que le feutre ou la matière morte le justifie.
5. Tailler les végétaux parce qu’ils ont souffert de la sécheresse
Une branche qui semble sèche en septembre peut nécessiter une observation complémentaire.
Notre approche consiste à rechercher d’abord la limite entre tissus morts et tissus vivants avant d’effectuer une coupe importante.
Quelques ordres de grandeur économiques
Les prix varient fortement selon la région, l’accessibilité et le niveau de finition, mais pour un particulier faisant intervenir une entreprise de paysage, il faut généralement raisonner en temps de main-d’œuvre + évacuation + fournitures + déplacement, et non uniquement au prix du matériau.
À titre d’ordre de grandeur :
| Intervention | Ordre de grandeur indicatif |
|---|---|
| Diagnostic simple du jardin | 50 à 150 € selon prestation |
| Regarnissage léger de pelouse | quelques €/m² à plus de 10 €/m² selon préparation |
| Préparation lourde du sol | souvent 10 à 30 €/m² ou davantage |
| Paillage fourni et posé | souvent 8 à 20 €/m² selon matériau et accès |
| Plantation d’arbuste | souvent 30 à 100 € / sujet avec fournitures selon calibre |
| Plantation d’un arbre | souvent plus de 100 € / sujet, très variable selon calibre |
| Broyage/évacuation de déchets verts | très variable selon volume et accès |
| Entretien ponctuel d’un jardin | souvent facturé au temps passé ou au forfait |
Ces montants ne constituent pas des tarifs réglementaires. Ils servent uniquement à comprendre les ordres de grandeur d’une intervention professionnelle.
Le coût le plus important reste souvent celui d’une mauvaise décision répétée.
Remplacer trois fois le même arbuste à 40 € parce que le sol est inadapté coûte finalement davantage qu’un diagnostic initial.
Conseils terrain, guides pratiques et passion du
paysage pour mieux comprendre le jardin.
Les 10 points à retenir pour savoir que faire au jardin en septembre
1. Contrôlez le sol à 20–30 cm de profondeur
Une surface humide ne signifie pas nécessairement que les racines disposent d’eau.
2. Ne remplacez pas immédiatement une plante qui a souffert
Attendez de distinguer stress hydrique, dépérissement et mortalité réelle.
3. Pour une nouvelle plantation, préparez le sol sur un volume cohérent
Environ 20–30 cm pour les vivaces, 40–50 cm pour les arbustes et davantage pour les arbres selon le contexte.
4. Arrosez les jeunes plantations avec des volumes réellement efficaces
Un jeune arbre peut nécessiter 40 à 80 L lors d’un arrosage copieux, à adapter au sol et aux conditions.
5. Maintenez généralement 5 à 10 cm de paillage
Mais gardez toujours le collet dégagé.
6. Ne regarnissez pas une pelouse sans diagnostiquer son sol
Si le terrain est compacté, les semences ne régleront pas le problème.
7. Pour le regarnissage, recherchez le contact graine-sol
Une fine couche de 2 à 5 mm de terreau ou de terre fine peut suffire ; inutile d’enterrer profondément les graines.
8. Ne laissez pas les sols nus inutilement
Utilisez paillage, résidus végétaux ou engrais verts lorsque le contexte s’y prête.
9. Ne taillez pas systématiquement en septembre
La bonne période dépend de l’espèce, de la floraison, de l’état sanitaire et de l’objectif de taille.
10. Avant d’arroser massivement, vérifiez les restrictions locales
En période de sécheresse, les règles d’arrosage peuvent encore être en vigueur en septembre.
FAQ : les questions les plus fréquentes sur le jardin en septembre
Peut-on planter des arbres et arbustes en septembre ?
Oui. Septembre constitue souvent une bonne période pour commencer les plantations, notamment lorsque le sol est encore chaud et que les températures diminuent. La réussite dépend cependant surtout de la préparation du sol, de l’état du végétal et du suivi de l’arrosage.
Faut-il refaire une pelouse jaunie en septembre ?
Pas forcément. Une pelouse peut entrer en dormance après une sécheresse. Vérifiez d’abord si les graminées sont réellement mortes. Si elles le sont ou si la densité est insuffisante, septembre constitue souvent une bonne fenêtre pour un regarnissage.
Quelle épaisseur de paillage mettre en septembre ?
Une épaisseur de 5 à 10 cm est courante selon le matériau. Évitez surtout de former un « volcan » autour des troncs et maintenez le collet dégagé.
Faut-il tailler les arbres en septembre ?
Pas systématiquement. La taille doit dépendre de l’espèce, de l’état de l’arbre et de l’objectif recherché. Après une sécheresse, évitez notamment les tailles importantes réalisées uniquement parce que certaines branches paraissent sèches.
Que planter au potager en septembre ?
Selon votre région et le calendrier cultural, septembre permet notamment de semer ou planter certaines salades, mâches, épinards, chicorées, radis, oignons, choux et autres cultures d’automne ou d’hiver. Le calendrier doit être adapté au climat local et aux premières dates de gel.
Pour aller plus loin : votre calendrier professionnel du jardin
Septembre est probablement l’un des mois les plus intéressants pour prendre du recul sur son jardin.
Plutôt que d’enchaîner les tâches les unes après les autres, observez le sol, l’eau, les végétaux et la pelouse comme le ferait un professionnel du paysage.
Un jardin réussi n’est pas simplement un jardin dans lequel on intervient beaucoup.
C’est un jardin dans lequel chaque intervention répond à un problème identifié.
Pour poursuivre cette démarche, n’hésitez pas à consulter les autres guides de Pleine-Terre.com, notamment nos dossiers sur :
- la pluie, la pluviométrie, le sol et les besoins en eau du jardin ;
- la récupération d’une pelouse jaunie après une sécheresse ;
- les branches sèches après une canicule et la manière de les tailler sans abîmer le végétal ;
- la valorisation des feuilles mortes au jardin ;
- le désherbage durable et la gestion professionnelle des adventices ;
- l’amélioration du sol mois par mois.
L’objectif de Pleine Terre est simple : vous aider à comprendre ce qui se passe réellement dans votre jardin avant d’agir.
Parce qu’un bon jardinage ne consiste pas seulement à savoir quoi faire.
Il consiste surtout à savoir pourquoi, quand, comment et dans quelles conditions le faire.
